Naviguer sur Internet fait désormais partie de notre quotidien, mais tout n’y est pas toujours aussi agréable que lorsqu’on effectue des recherches ou l’on échange avec des amis. Derrière les écrans, certains comportements malveillants, regroupés sous le terme de « cyberviolence », peuvent transformer cet environnement numérique instructif et passionnant en un champ de bataille ou un véritable cauchemar. Mais comment reconnaître les actes de cyberviolence ? Et surtout, comment s’en protéger efficacement ?
Qu’est-ce que la cyberviolence et quelle différence avec le cyberharcèlement ?
La cyberviolence désigne l’ensemble des actes agressifs et immoraux commis par le biais d’Internet contre une ou plusieurs personnes. Ces actes peuvent se manifester par des insultes, des menaces, des partages de données sensibles concernant une personne ou des humiliations publiques. En gros, la cyberviolence regroupe tout comportement visant à se moquer, blesser ou intimider une personne en ligne.
Différence entre cyberviolence et cyberharcèlement
Le cyberharcèlement et la cyberviolence désignent les mêmes formes d’agressions sur Internet. Cependant, la nuance se situe au niveau de leur répétition. Concrètement, le cyberharcèlement se caractérise par des attaques répétées contre une victime alors que l’on va parler de cyberviolence lorsqu’il s’agit d’une agression ponctuelle.
Par exemple, le fait de recevoir des messages haineux chaque jour sur un réseau social ou de subir un flaming constant dans un groupe en ligne constitue du cyberharcèlement. Dans le cas de la cyberviolence, ce flaming va se traduire par un très court épisode d’insultes et de messages violents, après quoi les agresseurs passent à autre chose.
La cyberviolence est donc un comportement, parfois, désintéressé et isolé tandis que le cyberharcèlement peut durer dans le temps avec l’objectif de causer un réel tort à la victime. Il faut aussi dire que dans le cas d’un cyberharcèlement, l’agresseur a tendance à vouloir dominer sa victime et être en quelque sorte son pire cauchemar.
À l’inverse, la cyberviolence peut être exercée sans une intention de contrôle, car le plus souvent, l’agresseur ne connaît pas personnellement sa victime. C’est un peu comme quand on voit la photo d’une personne en mauvaise posture sur les réseaux sociaux et qu’on la reposte juste pour amuser la galerie.
En somme, retenez que le cyberharcèlement, c’est de la cyberviolence, mais répétée de façon intentionnelle et dans la durée.
Quelles sont les formes les plus courantes de violence sur Internet ?

Toutes les formes de cyberharcèlement sont, à la base, de la cyberviolence. Parmi les plus courantes, on distingue :
- L’intimidation : c’est un comportement qui vise à effrayer, menacer ou exercer une pression sur une personne pour la dominer ou la contrôler. Ça peut se traduire par du trolling sur Internet, mais parfois ça peut aussi être du chantage sexuel qui débouche sur du cyberharcèlement.
- La diffamation : c’est quand une personne répand des rumeurs infondées sur une autre dans le but de salir sa réputation. Sur Internet, cela peut se manifester à travers des actions comme le flaming (attaques publiques visant à ternir l’image) ou via des contenus publiés sur des comptes fisha.
- L’incitation à la haine : ici, il s’agit de propos ou d’actes qui encouragent le rejet, la violence ou la discrimination envers un individu ou un groupe d’individus.
- Les propos agressifs ou humiliants : ce sont des propos qui visent à blesser ou rabaisser une personne, un peu comme quand on se moque de l’apparence physique d’une personne en ligne.
- Le piratage de compte : accès illégal aux comptes (réseaux sociaux, services en ligne, etc.) d’une personne. Cette forme de cyberviolence augmente la vulnérabilité de la victime, car parfois, c’est toute sa vie sur Internet qui est contrôlée par un inconnu.
- L’usurpation d’identité : elle consiste à se faire passer pour une autre personne, souvent pour commettre des actes nuisibles en son nom.
- La divulgation d’informations sensibles et privées : cette forme de cyberviolence revient fréquemment. Lorsque les informations divulguées portent sur l’identité de la victime, on parle de doxing sur Internet. Si, en revanche, ce sont des informations liées à son orientation sexuelle, ça devient du outing en ligne. Enfin, dans le cas où les informations regroupent des contenus pornographiques intimes de la victime, leur divulgation peut être interprétée comme du revenge porn, selon le contexte.
Comment éviter et se protéger contre la cyberviolence ?

La plupart des actes de cyberviolences sont ponctuels et aléatoires. Il est donc facile de les éviter. Pour y parvenir, vous devez avant tout renforcer la confidentialité de vos comptes. Rendez vos informations personnelles qui y sont enregistrées, privées et inaccessibles aux inconnus. Vous devez aussi miser sur des mots de passe uniques et complexes, ainsi que sur l’authentification à double facteur, pour renforcer la sécurité de vos comptes et limiter les risques d’usurpation d’identité.
Par ailleurs, l’une des règles les plus importantes, lorsqu’on veut éviter la cyberviolence, est de ne jamais répondre aux attaques en ligne. Ces réponses alimentent le débat des provocateurs et les encouragent à continuer .
Il vous faut également éviter de partager des photos ou des vidéos intimes, même avec des personnes de confiance. Et si vous découvrez des comptes malveillants qui ont l’air d’exercer une quelconque cyberviolence, n’hésitez pas à les signaler et à les bloquer sur la plateforme où vous les avez repérés.
Victime d’une cyberviolence : que faut-il faire ?
La cyberviolence ne laisse pas toujours des traces aussi profondes que le cyberharcèlement. Étant donné que l’acte est souvent isolé et bref, les victimes peuvent plus facilement surmonter l’épreuve et passer à autre chose. Cependant, ça peut être plus compliqué pour les personnes plus sensibles, surtout si ce sont leurs contenus intimes qui ont été publiés sur Internet, sachant que ces contenus pourraient y rester à jamais.
Dans ce cas, une solution est de signaler les contenus concernés afin que la plateforme qui les héberge les supprime. Il est aussi possible de trouver de l’aide auprès d’associations spécialisées dans l’assistance aux victimes de violences en ligne (Stop Fisha ou e-Enfance au 3018). En outre, en réunissant toutes les preuves, la victime peut aussi déposer une plainte au commissariat de police le plus proche de chez elle.

