IA et travaux scolaires : les outils que les enseignants québécois utilisent

IA en milieu scolaire

Au début, en 2023, quand ChatGPT est sorti, une question trottait dans la tête de tous les enseignants : les élèves et les étudiants utilisaient-ils l’IA pour leurs travaux ? Aujourd’hui, cette question ne se pose plus, il n’y a aucun doute qu’ils l’utilisent. En revanche, ce qui a changé, c’est la réponse des établissements. Au Québec comme ailleurs au Canada francophone, les enseignants et les universités ont commencé à s’équiper et les outils de détection d’IA sont maintenant utilisés de manière systématique.

Est-ce que les profs vérifient vraiment ?

La réponse courte est : oui, de plus en plus. La réponse longue est plus nuancée : ça dépend du niveau d’étude, de l’établissement et du professeur.

Du côté des cégeps et des universités québécoises, la tendance est claire. Plusieurs établissements ont intégré des outils de détection dans leurs politiques d’intégrité académique. L’UQAM, l’Université de Montréal, et plusieurs cégeps ont actualisé leurs règlements pour y inclure explicitement l’usage non déclaré de l’IA comme forme de plagiat. Dans les faits, cela signifie que soumettre un travail entièrement généré par un outil comme ChatGPT sans le mentionner peut entraîner les mêmes conséquences disciplinaires qu’un plagiat classique.

Au secondaire, la situation est plus variable. Certains enseignants font une vérification systématique, d’autres s’appuient sur leur lecture : un texte trop lisse, trop formel, avec un vocabulaire inhabituellement soutenu pour l’élève, attire l’attention. L’œil humain est souvent le premier détecteur, avant même les logiciels.

Quels outils sont utilisés pour détecter l’IA ?

Plusieurs plateformes sont utilisées dans les établissements scolaires et universitaires et sont parfois directement intégrées dans les systèmes de remise de travaux comme Moodle ou Léa. Les plus connues au Canada francophone sont Turnitin, qui a ajouté une couche de détection d’IA à son module antiplagiat, et GPTZero, développé par un étudiant de Princeton et adopté rapidement par de nombreux enseignants nord-américains.

Ces outils analysent les textes selon plusieurs paramètres : la régularité du style, la prévisibilité des structures de phrases, les variations dans la longueur des phrases et la complexité. Tous étant des signaux qui distinguent l’écriture humaine de l’écriture automatisée. Cependant, il ne fait aucun doute qu’aucun de ces outils n’est infaillible.

Du côté des étudiants, il existe aussi des outils qui permettent de faire cette vérification soi-même avant de remettre un travail. C’est notamment ce que propose JustDone, une plateforme qui inclut à la fois un détecteur d’IA et un vérificateur de plagiat. L’idée n’est pas de contourner la détection, mais de savoir exactement comment un travail sera perçu et de corriger, si nécessaire, les problèmes en amont.

Les différents outils de la plateforme Justdone

Comment les détecteurs fonctionnent-ils ?

Sans entrer dans les détails techniques, les détecteurs d’IA s’appuient sur deux grandes familles de signaux. D’abord la complexité : un texte généré par IA est statistiquement plus prévisible qu’un texte humain, parce que le modèle choisit toujours les mots les plus probables dans un contexte donné. Ensuite l’écriture humaine varie naturellement en longueur et en style de phrases, les modèles d’IA, quant à eux, ont tendance à produire des phrases plus uniformes.

Un texte généré par ChatGPT et soumis tel quel à un détecteur sera généralement identifié comme généré par IA avec un score IA élevé. Un texte partiellement réécrit par un humain sera plus difficile à classer et c’est là que les faux positifs peuvent apparaître. Un étudiant qui écrit dans un style très formel et structuré peut se retrouver avec un score IA élevé sans avoir utilisé l’IA en aucune façon. À l’inverse, un texte généré par IA mais bien retravaillé par un humain peut passer sous les radars et ne pas être détecté comme généré par IA.

Les limites des détecteurs sont connues des enseignants qui s’is’intéressent tant soit peu au sujet. La plupart des établissements sont conscients que le score IA n’est qu’un indice, pas une preuve, et qu’avant de sanctionner un étudiant, il est nécessaire d’avoir un entretien avec lui pour déterminer s’il a utilisé l’IA ou non.

Vérifier votre travail avant de le rendre : pourquoi est-ce important ?

Voici un scénario plus fréquent qu’on ne le pense : vous avez rédigé votre travail vous-même, mais vous avez utilisé ChatGPT pour corriger la grammaire, reformuler un paragraphe difficile ou trouver une meilleure introduction. Vous estimez que c’est raisonnable et c’est probablement le cas selon le règlement intérieur de votre établissement. Mais le résultat final peut quand même déclencher un signal élevé dans un détecteur, parce que les passages retouchés ont les caractéristiques stylistiques de l’IA ou parce que le travail est très structuré ou a un style très académique.

C’est dans ce contexte que vérifier son propre texte avant de le soumettre prend tout son sens. Ce n’est pas pour tricher, c’est pour ne pas se retrouver dans la situation désagréable dans laquelle vous êtes accusé d’avoir utilisé l’IA alors que ce n’est pas le cas.

JustDone permet cette vérification en quelques minutes. Vous collez votre texte, le détecteur identifie les passages qui risquent de déclencher un signal et vous pouvez décider quoi faire : réécrire ces parties vous-même pour les rendre plus naturelles ou bien les laisser telles quelles en sachant que vous pourrez expliquer votre démarche si on vous pose la question. L’outil analyse les mêmes types de signaux que les plateformes utilisées par les établissements, à savoir le rythme, la prévisibilité et la structure. De plus, il ne se contente pas de donner un score IA global, il indique phrase par phrase les passages à risque.

Détecteur d'IA Justdone

Et pour le plagiat ?

Bien qu’elles soient souvent confondues, la détection d’IA et la détection de plagiat sont deux choses bien différentes. Le plagiat, au sens traditionnel, c’est reprendre le texte de quelqu’un d’autre sans le citer, que ce soit une source en ligne, un article ou un autre devoir. L’IA, quant à elle, ajoute une couche supplémentaire : même si le texte généré n’est pas « volé » à un auteur identifiable, il peut contenir des formulations proches de textes existants.

La plupart des établissements québécois utilisent Turnitin, qui compare les textes à une base de données massive d’écrits en ligne, de revues académiques et de travaux déjà soumis. Un texte rédigé avec l’aide de l’IA peut parfois générer des correspondances avec des sources, pas parce que vous avez copié, mais parce que l’IA elle-même s’est inspirée de textes similaires.

Le vérificateur de plagiat de JustDone fait une analyse similaire : il compare le texte à des sources en ligne et signale les passages proches de contenus existants, avec les références correspondantes. C’est un bon outil de préprécontrôle pour éviter les surprises, surtout pour des travaux de recherche où l’on peut parfois mélanger ses propres reformulations avec des sources.

Ce que les enseignants en pensent

En dehors des politiques officielles, la position de la plupart des enseignants est plus nuancée qu’il n’y paraît. La majorité ne cherche pas à traquer chaque usage de l’IA, ils cherchent à évaluer si l’étudiant a réellement compris la matière et développé un raisonnement personnel. Un travail entièrement généré par ChatGPT, même bien reformulé, ne le montre pas. C’est cette absence de pensée propre qui dérange, plus que l’outil utilisé pour rédiger.

Ce qui rassure les enseignants, c’est de voir un texte imparfait mais authentique : une formulation maladroite mais personnelle, une argumentation qui comporte des lacunes mais développée par l’étudiant. Ce qui les alerte, c’est un texte trop lisse, trop équilibré, trop vide de tout point de vue personnel.

La bonne approche n’est pas de chercher à ne pas être détecté par les détecteurs d’IA ou de plagiat. C’est de comprendre ce qu’ils détectent et de s’assurer que votre texte reflète vraiment votre travail, votre réflexion et vos idées. Les outils de vérification servent juste à vous aider à identifier les zones potentiellement problématiques avant que votre professeur ne le fasse à votre place.

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