Si l’IA est l’une des technologies de rupture qui dernièrement fait le plus parler d’elle, nous sommes pourtant à l’aube d’une révolution bien plus large. C’est notamment le cas dans le domaine médical où certaines avancées et perspectives laissent rêveurs, à l’image de la télémédecine qui s’impose de plus en plus et dont le potentiel immense reste encore largement sous-exploité. Alors où en est-on réellement ? Que permet déjà de faire la télémédecine et que permettra-t-elle de faire dans un futur plus ou moins lointain ?
Genèse et utilisation actuelle de la télémédecine
Le concept de télémédecine, contrairement à ce que l’on pourrait croire, n’est pas totalement nouveau dans le paysage médical. Il est en réalité presque aussi ancien que les méthodes de télécommunication modernes comme le téléphone, le minitel, voire, plus anciennement, le télégraphe. Toutefois, bien que techniquement rendue possible, la télémédecine resta largement marginale jusqu’à l’avènement d’Internet à la fin des années 90.
De nouveaux horizons s’ouvrent timidement pour cette pratique avec la démocratisation du web, mais le véritable changement de paradigme interviendra avec la pandémie de Covid-19 entre 2019 et 2022/23. Pour être plus précis, c’est une branche bien particulière de la télémédecine qui a pris une ampleur sans précédent au moment de la crise sanitaire, à savoir, la téléconsultation.
Cette pratique consiste tout simplement à la tenue d’une consultation médicale classique, mais à distance. Le médecin pourra également transmettre une ordonnance en ligne au patient si nécessaire. Cette dernière est utilisable dans n’importe quelle pharmacie comme toutes les prescriptions délivrées au cours d’une consultation physique en cabinet. Le patient et le médecin peuvent communiquer de plusieurs manières. Cela peut notamment se faire par visioconférence ou bien encore en remplissant un formulaire médical détaillé.

Téléconsultation : en pratique, comment ça marche ?
Un nombre croissant de plateformes (Livi, Quare, DoktorABC) proposent ce type de prestation avec chacune leurs modalités d’utilisation et spécificités. Certaines, comme DoktorABC proposent en plus des téléconsultations et de la délivrance d’ordonnance, la livraison de médicaments à domicile ainsi que des conseils relatifs à la santé au quotidien.
La télémédecine et en particulier la téléconsultation ont permis de répondre à de nombreuses problématiques. Ce mode de consultation a permis de limiter les contacts en période pandémique, mais il permet aussi de répondre à la problématique des déserts médicaux ainsi qu’aux contraintes horaires et logistiques d’un grand nombre de patients.
Les contraintes principales de la téléconsultation sont le fait de devoir posséder et savoir utiliser un ordinateur ou un smartphone ainsi qu’une connexion à Internet en haut débit.
Si a priori il ne s’agit pas de conditions insurmontables, elles peuvent en réalité devenir extrêmement concrètes pour certains publics. Les séniors n’étant pas familiers avec l’utilisation de ce type d’outils peuvent notamment rencontrer certaines difficultés. C’est aussi le cas des personnes vivant dans certaines zones peu ou pas couvertes par internet haut débit.
Pour conclure, il convient de préciser que si la téléconsultation fait désormais bel et bien partie du quotidien, elle reste toutefois à ce jour minoritaire malgré un pic historique atteint en 2020 pendant le confinement.
La généralisation du suivi des patients à distance comme prochaine étape
La téléconsultation pourrait bien n’être que la partie émergée de la télémédecine. Ainsi, une multitude d’autres applications continuent à faire leur chemin à l’image du télésuivi. Cette pratique qui n’en est encore qu’à ses balbutiements a pour objectif de suivre les fonctions vitales des patients à distance et en temps réel grâce à l’utilisation d’objets connectés.
Il pourrait s’agir d’une véritable révolution, en particulier pour certains types de patients nécessitant un suivi permanent et au long cours.
C’est notamment le cas des personnes diabétiques pour lesquelles il est possible de suivre le niveau glycémique. Ceci concerne également les patients souffrants de difficultés respiratoires (asthme, apnée du sommeil, BPCO1, etc.) pour lesquels le télésuivi permet de surveiller le niveau d’oxygénation. Enfin, les potentialités offertes par le télésuivi concernent également les patients souffrant de problèmes cardiaques.
Cette surveillance médicale constante permet notamment de prévenir toute aggravation de l’état de santé du patient, mais aussi d’ajuster les traitements en cours en fonction de l’évolution de la maladie.

La téléchirurgie, l’IA, la data et la bio-impression 3D comme horizon plus lointain
Il existe également un certain nombre de pratiques de la télémédecine qui existent déjà dans une certaine mesure, mais dont le potentiel reste encore largement sous-exploité. L’une de ces pratiques est la téléchirurgie, qui comme son nom le laisse très justement penser, consiste à mener une opération chirurgicale à distance avec de très hauts niveaux de précision. Ceci permet d’offrir à certains patients l’accès à certaines opérations chirurgicales que peu d’établissements hospitaliers proposent, même si ces derniers résident loin de ceux-ci.
L’intelligence artificielle s’apprête à bouleverser le paysage d’un grand nombre d’industries et la médecine en fait logiquement partie. La chirurgie de très haute précision (au-delà des capacités humaines) pourra être réalisée par un couple IA et robotique déjà porteur de nombreuses promesses.
Une autre association plus que prometteuse est celle de l’IA avec la data. Des supercalculateurs pourraient alors prendre en compte toutes les données de santé d’un patient et anticiper une pathologie avant que celles-ci surviennent en tenant compte des facteurs de risques ou bien proposer un traitement ou un ajustement de celui-ci.

La future révolution de l’impression 3D
Enfin, une pratique qui semble tout droit sortie d’un film de science-fiction pourrait bel et bien se démocratiser et faire rentrer la médecine dans une nouvelle ère. Cette technique n’est autre que la bio-impression 3D qui permet et permettra encore davantage à l’avenir de réparer, voire de créer entièrement des organes humains.
Des machines hautement sophistiquées et nommées bio-imprimantes 3D reposent sur le même principe que les imprimantes 3D classiques, mais permettent d’imprimer des tissus vivants. Cette avancée majeure permettra de créer en un temps record des organes sur-mesure destinés à être greffés sur des patients sans risque de rejets du fait d’une création de l’organe basée sur les propres cellules du patient.
Il convient de préciser qu’il s’agit d’une liste non exhaustive des possibilités médicale déjà offertes ou qui le seront dans un futur proche. Il n’est certes pas possible de prédire avec certitude le succès de toutes ces méthodes ni le temps qu’il faudra pour les mettre en place, mais nul doute que le champ des possibles est à juste titre porteur de grandes espérances.
Note de bas de page
- BPCO (Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive) : maladie entraînant de grave difficulté respiratoire causée par des bronches obstruées, abîmées et enflammées, souvent à cause du tabac ou de la pollution. C’est une maladie qui ne se guérit pas, mais avec des traitements et une bonne hygiène de vie, on peut ralentir son évolution et mieux respirer au quotidien. ↩︎

