| n°744 - 28 novembre 1997 |
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MESSAGERIES Des filtres contre la pub abusive | |||
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| La protection spécifique des services de courrier électronique est encore trop rarement prise en compte. C'est regrettable, car les serveurs de messagerie commencent à souffrir de l'envoi de courrier électronique non sollicité à vocation généralement publicitaire, le redoutable «spam». | |||
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L'envoi de courrier électronique publicitaire non sollicité est le pendant électronique de la distribution de prospectus dans les boîtes aux lettres traditionnelles. Outre-Atlantique, ce procédé a été baptisé «spam». La récupération des adresses est simple, l'en-tête des messages de courrier électronique et de news comporte plusieurs champs (les headers) qui contiennent entre autres l'adresse électronique de l'expéditeur. Le moyen le plus simple d'éliminer ces messages, repose sur le logiciel client. La quasi-totalité d'entre eux proposent la possibilité de filtrer les messages en se basant sur leurs en-tête. Dès lors il est possible, une fois un expéditeur indésirable repéré, de rédiger des filtres qui détruiront, ou mettront de côté, automatiquement les messages portant son adresse. Simple en théorie, cette pratique requiert cependant un réglage sur chaque poste client et donc n'est pas toujours une solution simple à déployer en entreprise, d'autant que les adresses à filtrer sont changeantes. L'idéal est de pouvoir organiser le filtrage au niveau du serveur de courrier. Autre problème qui, pour l'instant, n'a pas encore trouvé de solution radicale, le filtrage classique du courrier se révèle de plus en plus inefficace car les entreprises qui recourent à ces pratiques ont trouvé le moyen de tricher sur l'adresse d'expéditeur. Les différents protocoles utilisés par le courrier électronique présupposent la bonne foi de l'expéditeur et ne prévoient pas de vérification des adresses fournies. Est ainsi née une nouvelle technique de contournement du filtrage qui a consisté dans un premier temps à indiquer une fausse adresse de retour, puis dans un second à pirater un serveur tiers. Cette opération appelée «spoofing» consiste à accéder indûment à un serveur de messagerie mal protégé pour lui faire expédier le lot de messages. Pour Pierre Beyssac, spécialiste en sécurité chez Hervé Schauer Consultants (*): «Les responsables commencent à s'intéresser à la protection des systèmes de messagerie. C'est rarement une requête spontanée de la part de nos clients, souvent par ignorance des dispositifs permettant de lutter contre l'envoi en masse de messages non sollicités ou l'utilisation non autorisée des serveurs. Il n'y a pas encore de méthodes bien établies pour cela et celles qui existent ne sont pas suffisamment connues. Cela commence à poser problème car il y a de plus en plus de machines de sociétés utilisées par des "spammeurs" non plus en tant que destinataires mais en tant que relais. Ils choisissent une machine vulnérable au hasard sur Internet et s'en servent comme relais pour l'envoi de leurs messages». Les dispositifs de protection sont de deux ordres: protection du serveur de messagerie par le firewall du réseau pour éviter le «spoofing» et filtrage au niveau du serveur pour écarter les messages en provenance d'expéditeurs reconnus comme indésirables. Les fonctions de filtrage commencent seulement à être intégrées dans les logiciels serveur. Microsoft Exchange n'en propose pas pour l'instant , mais plusieurs tierces parties offrent des utilitaires externes capables de le faire.Trend Micro, par exemple, propose une version pour Exchange de Scan Mail qui effectue un filtrage sur le contenu des messages au niveau serveur. Netscape vient d'intégrer des fonctions de filtrage dans le serveur de courrier inclus dans la suite SuiteSpot Hosting Edition 3.1, fonctions qui devraient se retrouver à terme sur les versions standards de Netscape Messaging Server. Le filtrage est assuré par Spam Control Plug In, une extension du serveur. D'autres logiciels comme NT Mail sous NT proposent d'ores et déjà de filtrer les messages comme à l'ESC de Tours (voir ci-dessous). Mais en attendant un système d'authentification des adresses, le filtrage restera un pis-aller. |
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| LUC SAINT-ELIE | |||
| L'ESC de Tours anticipe le mouvement | |
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L'Ecole supérieure de commerce de Tours compte 650 étudiants et entre 100 et 150 membres des corps professoral et administratif. L'ensemble de l'établissement est connecté à Internet depuis cette année, chacun possédant un compte de courrier électronique, les étudiants accédant fréquemment à leur compte depuis l'extérieur de l'établissement. Le service de courrier électronique repose sur un serveur NT Mail 3.02 pour la communication avec l'extérieur et un serveur Exchange pour la messagerie locale. En 45 jours, 15 000 messages ont été échangés. Par ailleurs, le serveur de courrier gère une dizaine de listes de diffusion. Le réseau est protégé classiquement en entrée par un firewall. Le site est administré par Frédéric Bordage, chargé de mission intranet-Internet pour la Chambre de commerce et d'industrie de Touraine: «Lors de la mise en place du système, nous nous sommes renseignés, et il nous est apparu clairement que les écoles sont des sites sensibles en matière de messagerie. Tout d'abord parce que les étudiants forment une population remuante qui glorifie le mythe du hacker, et d'autre part parce que les sites scolaires sont les plus fréquemment visés». L'ESC n'a pas de dispositif spécifiquement anti-spam au niveau du firewall en entrée. | |
| (*) Un atelier sur le sujet, animé par Hervé Schauer, se déroulera lors des 2es rencontres françaises de l'Internet Society à Autrans. | |